1927-2027 : Volvo, 100 ans d'héritage Suédois.
Il y a un peu de Volvo dans chaque voiture. Et en 2027, il y aura beaucoup de Volvo à Rétromobile !
À l'occasion du centenaire de la marque, Rétromobile accueillera du 3 au 7 février une rétrospective inédite dédiée au constructeur suédois. Située au cœur du pavillon 4, cette exposition retracera 100 ans d’innovations à travers la présence de certains des modèles les plus emblématiques de la firme de Göteborg. Volvo ÖV4 « Jakob », 245 Turbo redessinée par la maison Hermès, breaks 240, sans oublier la mythique 1800S d’Irv Gordon… Ce ne sont là que quelques-uns des modèles emblématiques qui se laisseront découvrir au travers de cette mise en lumière.

Aux origines de Volvo : une philosophie de la sécurité
Au matin du 14 avril 1927, la toute première Volvo de série sort de l'usine. Baptisée ÖV4 et surnommée Jakob, elle sortira de l’usine... en marche arrière ! Terminée à la hâte la nuit précédant sa sortie, la voiture s'est retrouvée avec une transmission montée à l'envers. Cette anecdote ne perturbe pas le début de carrière de l'ÖV4, qui arbore sur sa calandre l'ancien symbole chimique du fer, en référence à la robustesse légendaire de l'acier suédois.
À l'époque, les routes goudronnées sont rares et Gustav Larson considère déjà la sécurité comme une question de survie, ce qui le pousse à tester la résistance de l'ÖV4 au tonneau. La crise de 1929 ralentit le développement de la marque, qui diversifie alors sa production en fabriquant des camions, des taxis, des bus, des engins de construction, des moteurs d'avion et les moteurs marins Penta, rachetés en 1930. Il faudra attendre les premières livraisons de la PV144 en 1947 pour que les ventes d'automobiles augmentent et dépassent, deux ans plus tard, celles des camions. La production de la PV144, ralentie par la pénurie d'acier de l'après-guerre, entraîne une revente des premiers exemplaires d'occasion au double du prix du neuf. Son moderne châssis monocoque est déjà présenté comme une cellule de protection du conducteur et des passagers. Un concept qui fera école, tout comme son pare-brise feuilleté : une première mondiale qui ne deviendra obligatoire pour toutes les automobiles qu’en 1983.
Ceinture, siège auto, appuie-tête : Volvo invente la sécurité moderne


« I want to break free » : la saga des breaks Volvo
À Rétromobile sera présentée la 245 Turbo ayant appartenu à l'ancien président d'Hermès, Jean-Louis Dumas. L'intérieur en cuir fauve a été entièrement revisité par les selliers de la fameuse maison de la rue du Faubourg Saint-Honoré, le véhicule servant ainsi de démonstrateur au savoir-faire de la maison Hermès.
L'emblématique série 240 cohabite, en fin de carrière, avec la série 700. Lancée en 1985, elle introduit une montée en gamme jusqu'à recevoir le fameux V6 PRV conçu en partenariat avec Peugeot et Renault. La gamme s'étoffe encore en 1990 avec la luxueuse série 900, et notamment la 960 qui reçoit enfin un moderne train arrière multibras. L'année 1991 marque un autre tournant avec le lancement de la 850, qu'un slogan présentait comme « la plus méditerranéenne des suédoises ». Cette première Volvo à traction sera aussi déclinée en version sportive R, avec transmission intégrale. En 1996, un partenariat avec Mitsubishi donne naissance au petit V40, tandis que la 850 se mue en V70 et la 960 en V90.
P1800 : une icône suédoise taillée pour les mains d’Irv Gordon
Vouloir réduire l'histoire de Volvo aux breaks reviendrait à oublier que d'autres modèles, nettement plus sexy, ont émaillé ses 100 ans. C'est le cas du coupé P1800, présenté au salon de Bruxelles de 1960, dont le style d'inspiration latine réalisé par le designer Pelle Petterson fut largement popularisé par le regretté Roger Moore. Avant d'incarner James Bond, l'acteur britannique fut Simon Templar dans la série télévisée Le Saint. Séduit par le modèle, Roger Moore a d'ailleurs fini par en acquérir un.
Aujourd'hui, la star des P1800, c'est le modèle 1800S de 1966 ayant appartenu à l'Américain Irv Gordon. Il est si épris de son acquisition qu'il conduit son coupé quelque 1 500 miles (2 414 km) sans s'arrêter durant les 48 heures qui suivent son achat. Avec une moyenne de 200 kilomètres par jour pour se rendre à son travail, la 1800S de ce professeur de sciences affiche plus de 804 000 km au bout de 10 ans.

Vingt-deux ans plus tard, en 1998, le coupé rouge entre dans le Guinness Book des Records pour le plus grand nombre de miles parcourus par le même propriétaire au volant d'une voiture de tourisme, avec 1,69 million de miles (2,719 millions de kilomètres) au compteur. Ce n'est qu'une étape : en 2002, Irv Gordon franchit le cap des deux millions de miles avec le moteur d'origine, le solide 4 cylindres 1,8 litre de 90 ch partagé avec la Volvo Amazon P120, sur Times Square, attirant l'attention des médias internationaux.
Le professeur se lance alors un nouveau défi : atteindre les 3 millions de miles avant son 73ᵉ anniversaire. « À mon avis, le fait d'atteindre ou non cet objectif dépendra davantage de moi que de la voiture. Les organes de la voiture ont prouvé depuis longtemps qu'ils pouvaient le faire, mais je ne peux rien affirmer concernant les miens. D'une façon ou d'une autre, ce sera une fantastique reconnaissance pour le génie des techniciens de Volvo, mais aussi une belle preuve d'endurance pour tous les types de mon âge », déclare-t-il. Son nouveau record est atteint en septembre 2013 : l'homme originaire de Long Island franchit les 3 millions de miles en Alaska, sur la Seward Highway, le long de Turnagain Arm, une contrée qu'il n'avait encore jamais visitée. Lorsque Irv Gordon décède en novembre 2018, sa 1800S affiche exactement 3 260 257 miles, soit 5 246 875 kilomètres.
Aujourd'hui exposée dans l’espace événementiel « World of Volvo » de Göteborg, la 1800S rouge d’Irv Gordon sera la vedette des célébrations du centenaire de Volvo à Rétromobile.
La carrière de l'élégant P1800 aura duré dix ans et s'est terminée avec une superbe déclinaison break de chasse, la 1800ES, à hayon vitré. Cet original trait de style fut repris en 1986 sur le petit coupé 480 ES, qui possédait aussi une paire de phares escamotables, dits « pop-up ». En 1997, soit quarante ans après l'expérience malheureuse du roadster P1900, produit à seulement 67 exemplaires, Volvo renoue avec la voiture découvrable en lançant le cabriolet C70, qui, douze ans plus tard, devient un coupé-cabriolet à toit rigide escamotable. La série de coupés et de cabriolets prend fin en 2012. Mais la compacte C30 de 2009, aux faux airs de 1800ES, en perpétue l'esprit jusqu'en 2013.

Volvo aujourd’hui : entre sécurité et technologie
De coupé, il n'est plus question dans la gamme actuelle : la carrosserie en vogue est celle du SUV. Volvo franchit le pas en 2002 avec le XC90, puis confirme l'essai en 2008 avec le XC60, rapidement promu best-seller de la gamme suédoise. Depuis 2010, la marque appartient au groupe chinois Geely, qui lui donne les moyens de poursuivre ses ambitions technologiques, notamment en matière de conduite assistée et autonome : dans le cadre du projet Drive Me en 2016, Volvo a ainsi confié à une centaine d'habitants de Göteborg des prototypes dotés d'un mode pilote semi-automatique.
Cent ans après sa création, Volvo continue de rouler pour la sécurité : son dernier modèle, l'EX60, inaugure en première mondiale des ceintures de sécurité avant qui s'adaptent à la morphologie de chaque passager. Une constante depuis 1927, qui sera célébrée à Rétromobile, du 3 au 7 février, au pavillon 4, autour d'une dizaine de modèles emblématiques de cette aventure centenaire.
